L'enquête de terrain

(Penser [Faire) Penser] A partir des 4 métropoles d'Andrea Branzi et du travail d'enquêtes de terrain avec le LISST-Cieu

L’objectif est de présenter les articulations-théories attenantes aux différentes constructions de l’espace des métropoles d’un point de vue théorique. Le séminaire prend corps dans l’édition de la Domus Academy, intitulée « La quarta metropoli, Design et environmental Culture ». Armer d'un regard sur la métropole, l'enquête de terrain permet d'identifier dans des contextes d'études des situations de projets.

Nathalie Bruyère

Séance de travail avec Andrea Branzi
Nathalie Bruyère

La métropole théorique

Dans notre discours, la métropole est le lieu à multiples rôle : comme système général de construction dans l’univers du projet, comme territoire de circulation intensive de la marchandise, comme lieu qui contient dans son ventre tous les projets particuliers, qu’ils soient homogènes, discontinus ou dissociés entre eux. Mais la métropole possède aussi un rôle plus symbolique, une fonction meta-force générale faite de tous les différents discours projectuels et de toutes les stratégies constructives. La métropole est une réalité, mais aussi un concept qui change dans le temps, dans l’histoire, qui correspond à un modèle théorique général sur le monde1 (p.11)

La métropole mécanique

La métropole mécanique correspond aux années 20 et 30 et réalise pour la première fois l’intégration complète de la société dans la logique de la révolution industrielle. La métropole mécanique est constituée de réalités séparées, de corps opposés, que ce soit dans le social ou dans la culture ; ces parties différentes s’opposent dramatiquement, produisant une unique énergie de transformation1 (p.12).

La métropole homogène

La métropole homogène est un modèle théorique qui prend corps entre les deux guerres jusqu’aux années 50, un autre modèle de référence : l’hypothèse d’une métropole qui aurait dépassé les grandes contradictions intérieures de nature formelle pour devenir un grand système homogène de construction, presque un grand diagramme territorial de la chaîne de montage1 (p.13).

La métropole hybride

La métropole hybride correspond à la naissance de la société post-industrielle. Dans la métropole hybride, le projet n’est plus quelque chose qui tente de modifier le monde, mais plutôt une autre réalisation de la nouvelle réalité qui s’ajoute à celle existante, pour la rendre plus riche, plus complexe, pour augmenter les possibles, les choix.

La métropole froide

La métropole froide, le design, ne doit pas trouver d’improbables solutions globales et définitives, mais plus produire des équilibres locaux, une nouvelle écologie du monde artificiel, qui transforme le milieu en valeur positive, la grande épaisseur de l’interface entre l’homme et le système d’artefact qui l’entoure.

Le travail a été construit sous la forme d’un dialogue entre les recherches initiées avec le LISST-cieu avec Marie-Christine Jaillet et Fabrice Escaffre et le regard théorique d’Andrea Branzi sur la ville.

La collaboration a commencé par une série de travaux sur les questions de Nouveaux standard(s) puis les Nouvelles domesticité(s) face à la place de la création en lien avec sciences sociales, au travers de l'enjeu de l'enquête de terrain.

Le séminaire a été l’occasion de questionner les méthodologies radicales pour interroger les réalités sociales et structurelles des villes : les étudiants en design se saisissent de réalités diverses, de situations précises et de contextes plus larges avec des outils de mise à distance de leurs subjectivités ; les étudiants du LISST-cieu apprennent à saisir du regard, au travers de l'analyse spatio-temporelle des structurations de l'espace et des emplacements des objets, mobiliers, artefacts.

Notes

L’édition est issue du cours sur l’aménagement urbain donné en introduction à la Domus Academy avec Ettore Sottsass et Andrea Branzi (professeurs), Marco Zanini, Mario Trimarchi (assistants). Une étude d’un site, l’axe de Buenos Aires à Milan, était proposée à des étudiants argentins, italiens, anglais, américains, thaïlandais.

Notes

Le LISST (Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires) est une Unité Mixte de Recherche en Sciences Humaines et Sociales à large couverture thématique. Il a pour tutelles l'Université Toulouse - Jean Jaurès, le CNRS, l'EHESS, l'ENSFEA et l'INU Champollion.

Le projet scientifique du LISST est de contribuer globalement à la compréhension des dynamiques des sociétés contemporaines. Il s’intéresse aux :
- Solidarités : sous toutes leurs formes, qu’il s’agisse d’agencements spontanés ou de dispositifs publics,
- Sociétés : globalisation, innovation, fragmentation, diversité des mondes sociaux et économiques, recompositions des inégalités,
- Territoires : considérés non pas comme une simple "surface" de déploiement mais comme une composante des dynamiques sociales.


Les recherches sont essentiellement portées par 4 équipes : LISST-CAS (Centre d'Anthropologie Sociale), LISST-CERS (Collectif : Expériences Réseaux et Sociétés), LISST-CIEU (Centre Interdisciplinaire d’Études Urbaines), LISST-Dynamiques Rurales.
Le travail réalisé par chaque équipe est complété au sein de 5 axes transversaux, à la fois espaces de dialogue inter-équipes et pépinières thématiques : Environnement et Sociétés, Mondialisations, Différenciations territoriales et action collective, Innovations et société, Parcours de vie et inégalités.

Le LISST : Un laboratoire internationalisé dont les terrains d’enquêtes se situent dans l’espace européen, les Amériques, l’Afrique et l’Asie.

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